GénéGallois

La famille, les histoires et l'Histoire

Historique

L’an 1024 semble marquer les débuts de l’existence d’Avernes. Monsieur Jean Bard dans son « Vimoutiers », le cite en tant que clairière, où s’est installé un village « à l’état embryonnaire », comprenant quelques maisons en bois et torchis, et au toit de chaume. On y cultivait un peu de blé, d’orge et de seigle.

Avernes s’appelait alors Avesnes, et naissait en même temps que des communes avoisinantes :

  • Kanapevilla (Canapville)
  • Punchardon (Pontchardon)
  • Albinus de Bonavalla (Saint-Aubin-de-Bonneval)
  • Sappum (Le Sap)
  • Oectrencurt (Saint Cyr d’Estrancourt)

Cependant, si on s’en réfère aux noms des lieux-dits, la présence d’une « Cour Motte », sur le territoire d’Avernes peut laisser penser que les clairières furent habitées au temps des Gaulois. Peut-être aussi ce nom de « Cour Motte » ne vient-il pas de là, car je n’ai pas découvert d’aspérité de terrain pouvant faire penser à l’un de ces vestiges du passé.

12ème siècle

1106

À la fin du XIe siècle, et au début du XIIe siècle, des épidémies de lèpre s’installèrent en Normandie, après le retour des chevaliers normands qui étaient partis aux croisades. À Avernes, comme dans toute la région de Vimoutiers, des léproseries ou maldareries furent créées. Elles recevaient les malades, et ceux-ci ne pouvaient sortir. La maladrerie qui s’installa au Bourgel, hameau d’Avernes, reçut le nom de maladrerie de Saint-Germain-du-Boisjoli. Elle fut détruite, selon Monsieur Dallet, au XVIIe siècle, et jusqu’au XIXe siècle, une chapelle en rappela le souvenir. De nos jours, in l’en reste plus rien, si ce n’est le vieux chemin creux qui y conduisait, et un petit herbage qui a reçu le nom de Bois Joli.

13ème siècle

1216

La chute qui alimentait le moulin
La chute qui alimentait le moulin
À cette époque, Avernes devait appartenir aux seigneurs de Pontchardon (cf. Dallet). Au XIIIe siècle, Avernes fut donné par Philippe-Auguste, ainsi que Orville et Pontchardon au châtelain d’Exmes. La chute qui alimentait le moulin. C’est une chute « artificielle ». Un canal en maçonnerie a été aménagé dans un peit bosquet, afin d’obtenir la dénivellation suffisante.

14ème siècle

1386

Ce petit village qui s’installa tardivement dans nos régions, ne tarda pas à se développer. Il devint agricole, et, comme toutes les autres communes environnantes, il eut son moulin à blé. « Ordéric-Vital parle au XIIe siècle des moulins où les grains de la région étaient moulus. » (cf Jean Bard « Vimoutiers »)

Ce moulin d’Avernes était alimenté par le ruisseau, le Bourgel. M. Dallet (cf Bulletin de la Société archéologique de 1888) note qu’il fut détruit en 1868. Seuls sont restés la chute d’eau qui l’alimentait, un bâtiment qui devait en faire partie, et le nom « Le Vieux Moulin », qui maintenant désigne l’herbage où il était situé.

À cette époque, une nouvelle richesse apparaît en Normandie. Le pommier, qui, jusqu’alors, n’était que le doucin sauvage, est cultivé. On sème des pépins.

15ème siècle

1414

Mais, à cette époque, la guerre de Cent Ans ensanglante la Normandie. Henri V, roi d’Angleterre, a débarqué en France. Vimoutiers est tombé aux mains des Anglais. Henri V, de sa résidence de Caen, envoie aux curé de Saint Aubin et Avernes, des lettres de protection.

Des soulèvements ont lieu, et la paix ne revient qu’avec l’expulsion des Anglais hors de France.

16ème siècle

1562

À cette époque, Avernes semble avoir appartenu à plusieurs seigneurs. Mais on voit apparaître un certain Jacques Bernart qui achète une portion d’Avernes. Nous retrouverons ce nom des Bernart qui est liè à l’histoire d’Avernes aux XVIIIe et XIXe siècles.

17ème siècle

1626

En effet, en 1626, Hector III Bernart, seigneur d’Avernes, épouse Anne d’Osmond. Il était le descendant de la famulle es Bernart, qui servit, sansa défaillance, pendant neuf siècles, la Normandie et la France. Messieurs J. Bard et Dallet ne tarissent pas d’éloges à l’égard de cette famiulle. Elle reçut les terres d’Avernes, de Pontchardon, et la vallée du Bourgel, en récompene de ses éminents services. C’est ainsi que hecotr Bernart se trouve à l’origine des Marqueuis d’Avernes, qui furent, pendant plus de deux siècles, les seigneurs les plus puissants de Normandie. Leur famulle, en outre, a fourni treize chevaliers de malte.

À la mort de Hector de Bernart, en 1638, Avernes reste à la famille, et les seigneurs sont successivemen : Antoine de Bernart ; puis son fils Antoine de bernart, comte d’Orbec ; Eustache-Louis-Antoine de Bernart, comte d’Avernes et d’Orbec ; et Charles-Antoine de Bernart, qui fut président du Conseil général de l’Orne en 1818.

C’est à ce dernier qui nous devons Avernes tel que nous le connaissons, c’est-à-dire, avec son église, son château sur la colline.

18ème siècle

1787

À la fin du XVIIIe siècle, Avernes St Gourgon dépend du doyenné de Vimoutiers, et ses patrons sont :

  • pour la première portion, l’abbé de Saint Wandrille,
  • pour la seconde portion, Bernart, seigneur d’Avernes,
  • pour la troisième portion, le duc d’Anjou frère du roi.

Être patron d’une paroisse donnait des titres. En plus, le patron avait le droit d’être enterré dans le chancel, endroit de l’église, proche du maître autel, et d’avoir des litres funèbres.

1789

Après la révolution, le 14 décembre 1789, un décret royal transforme la structure des municipalité.

En mars 1790, l’Assemblée constituante lance un décret qui supprime les anciennes divisions administratives. Avernes Saint Gouron fait partie du canton du district de Laigle qui a pour chef-lieu Le Sap.

À la suite de la guerre civile qui règne en France, et de la guerre étrangère, le manque de blé se fait sentir en France, et la région de Vimoutiers n’est pas épargnée. Il faut aller chercher du blé en Beauce, et finalement, on a recours aux réquisitions. Avernes, ainsi que les communes avoisinantes, doivent fournir trente-cinq quaintaux de blé par décade à Vimoutiers. Ensuite, on donne une livre de pain par jour et par personne.

1799

Les archives municipales ne renferment rien concernant Avernes sous la révolution. Le document le plus ancien qu’on y trouve est un cahier des délibération du conseil municipal, datant de l’an VIII.

Dans ce cahier, il est dit que les séances du Conseil Municipal et autres réunions étaient annoncées au son de cloche, et avaient lieu dans l’église.

L’an VIII de la République, une fête a eu lieu à Avernes. À cette occasion, on relève : « Nous avons sonné la cloche…pour prévenir les citoyens… Nous avons de plus mis une affiche au lieu ordinaire portant invitation à tous les citoyens de se rendre à cette fête. Lesquels s’y sont rendus en assez grand nombre vu la population de la dite commune, et ont montré beaucoup de zèle…conférant à jamais l’oubli généreux de tous les ressentiments qui peuplaient l’infortune publique…, et fortifiant les sentiments de paix, d’union et d’affection qui doivent animer les citoyens d’une même patrie. Après avoir été environ deux heures sur la place publique les dits citoyens se sont retirés se promettant de se divertir le reste du jour. »

À cette époque, in ne parle plus de l’église ‘Avernes, mais du « temple décadaire de cette commune ».

On retrouve plus loin une allusion à la fête du village :

L’an dix de la République Française, su les dix heures du matin, le Maire et l’Adjoint de cette commune s’étant transportés au lieu ordinaire du rassemblement, en cette commune, pour célébrer avec pompe la fête du premier vendémiaire qui tombe aujourd’hui conjointement avec tous les citoyens de la commune qui se sont assemblés en assez grand nombre, lesquels ont montré beaucoup d’amour pour la République et ont fait beaucoup de réjouissance avec nous.
19ème siècle

1801

À cette époque, le canton du Sap, auquel appartenait Avernes, est supprimé, et désormais Avernes fait partie du canton de Vimoutiers.

« L’an onze de la République Française, le vingt-sept germinal », le conseil municipal s’est réuni afin de discuter des réparation à apporter au « Bâtiment destiné au culte, ainsi qu’au presbytère ».

Un accord s’est établi entre le Conseil Municipal et le citoyen Bernart d’Avernes. Depuis quelques temps déjà, le comte d’Avernes prêtait sa chapelle pour que soit célébré le culte. Le Conseil Municipal reconnait que l’église d’alors ne mérite pas que des réparations y soient faites, car elle est en très mauvais état. Le Conseil décide donc de donner au citoyen Bernart les matériaux et le terrain nécessaires à la construction d’une nouvelle église. Le comte d’Avernes fera construire l’église à ses frais, aux environs de sa propre chapelle. Cette église, située sur la colline, correspondra mieux aux besoins de la paroisse, étant donné qu’elle sera plus grande, et située à égale distance des habitants d’Avernes et de ceux de Saint-Cyr d’Estrancourt, petite paroisse qui n’est pas plus desservie par un prêtre. Le citoyen Bernart fera également construire un presbytère « pour y loger convenablement le prêtre desservant ».

Le traitement annuel du prêtre sera de six cents francs : deux cents payés par la commune de Saint Cyr, quatre cents francs par Avernes, proportionnellement au nombre d’habitants.

1802

À cette date, un concordat est signé pour régler le différend de l’église et de l’état, et mettra fin à la division entre prêtres jureurs et non jureurs. Vimoutiers est alors incorporé au diocèse de Séez ainsi qu’Avernes Saint Gourgon.

1814

Comme en l’an VIII nous trouvions dans les cahiers de délibération les comptes-rendus des manifestations célébrant la révolution, nous trouvons en 1814 ces mots :

« Nous, maire d’Avernes Saint Gourgon, avons convoqué le Conseil Municipal de la dite commune à l’effet de délibérer sur le projet de faire remise au Roy de toutes les réquisitions qui ont eu lieu avant les heureux évènements du 31 mars qui l’ont replacé sur son trône, et qui ont délivré la France du joug de l’usurpateur. »

Les membres du conseil municipal reconnaissent ne pas avoir contribué aux réquisitions.

1818

Le Conseil Municipal se réunit, le 30 octobre, en session extraordinaire, pour prendre connaissance d’une lettre du sous-préfet, proposant la réunion de la commune de St Cyr d’Estrancourt à celle d’Avernes. De leur côté, les membres du conseil municipal de St Cyr se sont réunis et ont refusé cette réunion. Les membres du conseil d’Avernes décident de s’en reporter à la décision des préfet et sous-préfet. La réunion a enfin eu lieu en 1821.

En 1818, Charles-Antoine de Bernart meurt. Dans son testament des 6-7 et 16 avril 1818, dicté à Maitre Schneider, notaire à Vimoutiers, il fait de nombreux dons à Avernes, parmi lesquels :

  • une rente perpétuelle de 500 francs à la fabrique de l’église de cette commune,
  • une rente perpétuelle pour l’entretien de l’église, du presbytère, de la maison d’école,
  • un legs de 300 francs pour instruire les pauvres.

Le conseil municipal n’a accepté ces legs qu’en 1823, après décision du Préfet.

C’est le Baron de Vauqeulin qui s’installe à Avernes. Mais, si le Marquis de Bernart fut un bienfaiteur, et s’il fut très aimé des habitants, le Baron de Vauquelin, lui, eut souvent des démêlés avec le conseil municipal, et fut souvent en procès avec lui. I essaya de s’approprier un endroit situé près de la source Saint Gourgon, et ayant reçu le nom de place communale. Cette « histoire » passa devant le tribunal d’Argentan, et de Vauquelin fut condamn

1824

Le 20 octobre, au cours d’une réunion extraordinaire, les membres du conseil municipal choisissent le bureau de poste du Sap, comme étant celui qui leur distribuera le courrier. C’est d’ailleurs encore le même de nos jours.

1828

Le conseil municipal d’Avernes, sur autorisation du préfet, se réunit en sessions extraordinaire, et décide que la commune fera partie du nouveau canton du Sap. Elle faisait partie du canton de Vimoutiers depuis 1801, alors qu’avant, elle appartenait au canton du Sap district de Laigle.

Cette réunion au nouveau canton du Sap est votée, car le Sap est situé en plaine. Au contraire , pour se rendre à Vimoutiers, les habitants doivent gravir plusieurs côtes, franchir plusieurs rivières qui sont souvent en crue après les violents orages.

En 1830, cette autorisation n’est pas encore accordée par le préfet. Le conseil municipal se réunit donc et décide que s’il n’obtient pas satisfaction, il en appellera au Ministre de l’Intérieur.

En 1834, Avernes fait toujours partie du canton de Vimoutiers, et il en est encore de même de nos jours.

Dans les archives municipales ne figure aucune trace d’Avernes sous la révolution de 1848.

1868

Le moulin, alimenté par l’eau du Bourgel est détruit. On installe sur les différents bras du ruisseau des systèmes de vannes qui permettent d’alimenter de nombreux fossés creusés dans toute la vallée du Bourgel. De nos jours, ces fossés existent toujours. Ils servaient à cette époque au rouissage du lin. On accédait, par un chemin forestier, à une « écoucherie » de lin installée dans le bois nommé la Vieille Cour. On peut encore en vor l’emplacement. C’est une partie surélevée de forme rectangulaire d’environ 20 sur 30 mètres, et entourée de fossés.

1880

En 1880, le Baron de Vauquelin meurt à Avernes. Il repose dans le cimetière d’Avernes, dans un petit enclos réservé à sa famille. Il fut le dernier homme à posséder le domaine d’Avernes presque en totalité. À sa mort, beaucoup de terres furent vendues. Une partie du territoire constituée par des bois et les belles fermes de la vallée du Bourgel revinrent à la famille de Vaucelles qui est une des branches de la famille de Vauquelin. Le plateau d’Avernes entre presque totalement en la possession des Messieurs Picot et Pellé.

À partir de ce moment, le château n’est plus habité, et commence à tomber en ruines.

1882

Le conseil municipal vote pour la construction d’une salle de classe, sur la demande du sous-préfet. Mais il trouve que la maison d’école est encore en bon état.

Finalement, c’est un nouveau groupe qui fut construit près du presbytère. Le milieu des bâtiments constitue la salle de classe. À droite s’élève la maison d’habitation, de deux étages. À gauche se tient le préau, sur lequel s’élève la mairie.

Vers la fin du XIXe siècle, la mendicité et le paupérisme sévissent à Avernes. Dans les cahiers de délibération du conseil municipal, on retrouve plusieurs votes d’aide matérielle aux familles. On retrouve souvent le nom des familles Duval et Groult.

Voici un exemple :

Monsieur le Maire expose à Messieurs les membres du conseil que le sieur Groult est actuellement sans travail, qu’il est resté seul avec cinq enfants en bas âge, et que la femme eest actuellement détenue à la maison d’arrêt d’Argentan pour un mois, et qu’il y a leiu d’accorder des secours en pain et viande au sieur Groult.
20ème siècle

1904

Des mesures sanitaires et des mesures de sécurité sont votées au cours d’une séance extraordinaire du conseil municipal. Toutes les parois intérieures des bâtiments doivent être enduites de chaux. Les couvertures et sous-couvertures en paille des maisons sont interdites.

1920

La guerre est passée à Avernes, la population a terriblement baissé. Comme toutes les communes qui ont subi des réquisitions, Avernes s’est appauvri.

C’est après la guerre de 1914-1918 que l’on voit apparaître les noms étrangers, spécialement des noms belges, car des réfugiés se sont installés à Avernes.

1945

Nous retrouvons Avernes après une seconde guerre. L’action principale ne s’est pas passée à Avernes, mais plutôt à Vimoutiers, qui a été entièrement rasé, bombardé. Les bois d’Avernes ont également été bombardés.

Après la libération, toutes les routes étaient défoncées et jalonnées de chars.

Cette époque marque le début du déclin de la commune. Maintenant, ce n’est plus qu’un petit village sans prêtre desservant, sans école.