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Légendes, croyances et coutumes

Source Saint Gourgon

Source Saint Gourgon
Source Saint Gourgon

Saint Gourgon, patron d’Avernes, est invoqué dans les environs, par les gens souffrant de rhumatismes. Une source située à quelques cinquante mètres du Vieux Presbytère, porte le nom de Source Saint Gourgon. La source a été captée, et elle sourd maintenant dans une sorte de petite grotte en maçonnerie dans laquelle est ménagée une ouverture, afin que les pélerins puissent puiser de l’eau. Un escalier en briques a même été ménagé, de façon qu’on puisse sans difficulté y arriver.

Ces mêmes pélerins qui invoquent Saint Gourgon, laissent toujours un signe de leur passage : ils déposent un bouquet de fleurs au pied de la croix, rappel de l’ancienne église, ou ils laissent un lambeau de leurs vêtements. Certains vont l’invoquer devant le petit autel qui lui est dressé, sur le côté gauche de l’église, et en reconnaissance de ses bienfaits, ornent son autel de leur chapelet.

Le gouffre

La Châtellerie et le Gouffre
La Châtellerie et le Gouffre

La ferme, dite « La Châtellerie », possède dans un de ses herbages, proche de la maison d’habitation, la source la plus importante de celles qui alimentent le ruisseau le Bourgel. Cette sorce est reconnue comme un trésor, par le fermier de l’endroit, car l’eau sort à une température de 11 à treize degrés. Elle possède en outre une très gande limpidité, et groupe ainsi les deux qualités nécessaire à la fabrication d’un beurre excellent, richesse de la Normandie.

Mais, s’il en est ainsi aujourd’hui, il n’en fut pas toujours de même. Je me souviens avoir entendu de vieilles gens raconter une légende attachée au Gouffre (c’est le nom de la source).

n dit que par un soir d’hiver très brumeux, où le brouillard était si épais qu’on ne pouvait se diriger, un homme s’étant égaré, tomba dans la source, et jamais son corps ne fut retrouvé. Quelques années plus tard, un boeuf eut le même sort. On dit aussi qu’on tenta de mesurer la profondeur de cette source avec un cordeau de plus de un kilomètre de long, et qu’on ne réussit pas à atteindre le fond. Depuis ce jour, le Gouffre fut considéré comme un endroit très dangereux, et une clôture de fils de fer barbelés rappela aux curieux la prudence.

Les fêtes

Saint Cyr d’Estrancourt, qui fut rattaché à Avernes en 1821, célèbre chaque année, le troisième dimanche de juin, la fête de son saint patron. À cette occasion, la messe est célébrée dans la petite église romane. L’après-midi, à l’issue des vêpres, la procession se dirige vers un grand bûcher, sur lequel on a planté un bouquet, dressé dans une cour avoisinante. Le feu bientôt allumé, est béni par le prêtre, et bientôt une salve de détonations emplit les airs. Le prêtre d’abord, puis le roi et la reine de la fête, puis les assistants essaient abattre à coups de fusil le bouquet.

Puis, dès qu’il est possible de s’approcher du bûcher, chacun va ramasser un ou plusieurs tisons bénis, qu’il emportera chez lui, afin qu’ils le protègent de la foudre et de ses méfaits.

À Avernes, les fêtes patronales ont pratiquement disparu. Mais, par les années du passé, elles furent très renommées. Vers les années 1920-1925, des courses d’ânes furent organisées lors de la fête. Elles se déroulaient sur cette avenue bordée de peupliers qui donnait à Avernes tout son charme. Ces courses attiraient beaucoup de monde.

Mais vers 1930, elles furent remplacées par des courses de chevaux, qui eurent un rand succès. La succession des fêtes fut interrompue par la guerre. Mais déjà, quelques années avant la guerre, la fête d’Avernes était devenue la Foire aux melons. Partout on ne voyait que des stands vendant de ces fruits, et chacun se devait de repartir chez lui avec au moins un melon. Puis les fêtes s’espacèrent petit à petit, et n’eurent plus lieu que tous les deux ans. Elles se firent de plus en plus rares, et il y a maintenant cinq ans qu’aucune n’a plus eu lieu.

Les courses de chevaux

La mairie d’Averne a conservé le double des formalités faites pour la création de la société des courses. C’est ainsi qu’on trouve aux archives municipales :

  • une lettre du maire, André Lamy, datée du 20 octobre 1929, et s’adressant en ces termes au préfet :
« J’ai l’honneur de vous adresser sous ce pli l’extrait du’ne délibération prise par le comité constitué en vue de la formation de la société de courses d’Avernes saint Gourgon (Orne)… Je vous serai reconnaissant, Monsieur le Préfet, de bien vouloir prendre connaissance des-dits statuts et les porter à la connaissance de Monsieur le Ministre de l’agriculture, afin que grâce à votre bienveillante intervention, la Société naissante soit approuvée et définitivement constituée. »
  • une lettre du maire datée du 28 août 1929, demandant à la sous-préfecture d’Argentan, d’accepter ces arrêtés :
article 1 – Ce dimanche de septembre, jour des courses d’Avernes St Gourgon, le stationnement des véhicules de toute nature, ainsi que des piétons sera interdit sur le chemin vicinal ordinaire de Lisieux au Sap, entre les carrefours du calvaire et celui du chemin rural du Bosc-Renoult à Meulles. article 2 – La gendarmerie sera chargée de l’exécution du présent arrêté.
  • la réponse du sous-préfet, datée du 29 août 1929, qui accepte
  • une lettre du ministère de l’agriculture rappelant divers arrêtés concernant les courses de chevaux du 24 août 1930, et datée du 1er août 1930 :
« Il sera prélevé sur la masse des sommes engagées au pari mutuel, et avant tout autre prélèvement :

  • 2% en faveur des œuvres de bienfaisance
  • 1,5% en faveur de l’élevage
  • 0,5% en faveur de l’enseignement agricole
  • 7% pour les frais d’organisation. »
  • un papier témoin que le 21 août 1930 « il a été procédé à la mensuration de l’hippodrome » des Quinconces, sur la commune d’Avernes Saint Gourgon. « Longueur de la piste à deux mètres de la corde : 960m ». Ce papier est signé par le président de la Société des courses d’Avernes Saint Gourgon : A. Lamy ; le directeur du Haras du Pin : Bourzès Jean ; le géomètre David.
  • une lettre adressée au Ministre de l’Agriculture :
« Les membres de la Société des courses se sont réunis en assemblée générale à la mairie le 25 février 1934. Monsieur le président expose que le champ de courses n’est plus mis gracieusement à sa disposition et que la somme demandée est trop élevée pour les ressources de la Société. Pour ce motif, les membres décident la dissolution de la dite société et demandent que les fonds disponibles soient reversés à la Société des courses du Sap. »

Existence éphémère que celle de cette attraction qui fit couler beaucoup d’necre, et qui est restée célèbre parmi les habitants.

Statuts de la société des courses 1/2
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