GénéGallois

La famille, les histoires et l'Histoire

De Blesmes à Grafenwöhr

L’instruction

Né le 21 mai 1889 à Blesmes, comme toute la fratrie, Adrien fait partie de la classe 09.

La lecture de son registre matricule nous apprend qu’Adrien est un cultivateur, mesurant 1,73m, avec des yeux bleus et les cheveux châtains. Il est incorporé le 4 octobre 1910 au 155ème régiment d’infanterie.

Au fil des jours, Adrien prend du galon : soldat de 1ère classe le 30 août 1911, il devient caporal le 15 octobre de la même année.

Il est renvoyé dans ses foyers le 26 septembre 1912 avec un certificat de bonne conduite et passe dans la foulée (le 1er octobre 1912) dans la réserve de l’armée active.

Le début de la guerre

Le 1er août 1914, comme beaucoup de Français, Adrien est rappelé par un télégramme de couverture. Il est rappelé au 155ème RI et y arrive le même jour.

Adrien est blessé très rapidement à Bulainville dans la Meuse. A priori rien d’important car ce n’est signalé que dans la partie « Blessures » de son registre matricule. Néanmoins, c’est suffisamment sérieux pour être mentionné et l’envoyer à St Brieuc.

Pourquoi St Brieuc ? Simplement parce que les civils ne sont pas les seuls à se réfugier en Bretagne. De nombreux régiments casernés dans les départements occupés par les Allemands se replient en cette région et y installent leur dépôt.

Pour ne citer que quelques exemples, Saint-Brieuc accueille les 155e et 355e RI, Guingamp les 161 et 361e RI, Quimper les 151e et 351e RI, Morlaix les 72e et 272e RI, Coëtquidan les 94e et 294e RI… Au total, ce ne sont pas moins d’une quarantaine d’unités des 2e et 6e régions militaires (Amiens et Châlons-sur-Marne) qui installent pendant le conflit leur dépôt en Bretagne.

Adrien étant affecté au 155ème RI, il est tout naturellement dirigé vers Saint Brieuc d’où il envoie d’ailleurs une carte postale, tout juste 4 ans avant l’armistice, le 11/11/1914. Il écrit au domicile de son frère Alexandre, sachant que celui-ci est au front.

carte du 11/11/1914
carte du 11/11/1914
carte du 11/11/1914
carte du 11/11/1914
St Brieuc le 11-11-14
Merci de vos bonnes nouvelles. Alexandre m’a écrit à Vichy. Avez-vous de ses nouvelles.
Pour moi tout va bien. Il fait bon chez nous. La température est douce. Bonne santé à tous et bons baisers.
Hourdry Adrien, dépôt du 155e, 28e Cie, St Brieuc

Adrien est donc passé par Vichy et il a dû y rester quelques temps puisque son frère Alexandre (au front) lui a écrit à cette adresse et Adrien a reçu le courrier.

  • Quand ? Certainement entre sa blessure et son arrivée à St Brieuc à la lecture de la carte.
  • Pourquoi ? Ce devait être le chemin venant de la Meuse pour les convois sanitaires.

Deux ans plus tard, le 29 mai 1916 il est porté disparu à Cumières (Meuse) par un avis officiel du 2 septembre 1916, quatre mois plus tard.

Il s’avère qu’il a été fait prisonnier au camp de Grafenwöhr (notifié là aussi par un officiel du 24 juillet 1916).

La bataille de Cumières

Cumières en ruines
Cumières en ruinesCumières en ruines

La bataille de Cumières a démarré dès 1914…jusqu’à l’évacuation totale du village le 11 février 1916. Le village est rasé, amas de pierres, écrasé d’obus. Attaqué le 14 mars 1916, Cumières n’a été enlevé par l’ennemi que dans la nuit du 23 au 24 mai 1916.

Le 26 mai les Français reprennent la partie est de Cumières. Une tentative de tenaille est menée par les 155ème RI (régiment d’Adrien) et 166ème RI.

Le 29 mai, le secteur est sous les bombes. Les tranchées déjà endommagés sont sont nivelées… Une attaque allemande avec des hommes frais a raison en fin de journées des troupes françaises. C’est certainement à ce moment là qu’Adrien est fait prisonnier.

Petite curiosité : il faut noter que son avis de disparition vient après celui indiquant qu’il a été fait prisonnier…

Le camp de prisonniers

Le registre matricule indique qu’Adrien était à l’hôpital de Grafenwöhr. Très certainement suite aux combats de Cumières.

En effet, il s’y trouvait un hôpital, avec pour personnel des médecins français, prisonniers eux aussi. Les conditions de détention n’étaient sans doute pas idéales, même si les photos et cartes postales qui existent sur ce camp montrent des locaux presque pimpants et des prisonniers souriants. On sait depuis que la propagande peut faire mentir les images.

Transcription du registre matricule

registre matricule
registre matriculeregistre matricule
Inscrit sous le n°61 de la liste du canton de Chateau-Thierry
Incorporé au 155è Régiment d’Infanterie à compter du 4 octobre
1910 comme appelé à l’activité ; arrivé au corps et soldat de 2è
classe ledit jour. Soldat 1è classe le 30 août 1911. Caporal
le 15 octobre 1911. Envoyé en congé le 26 septembre 1912
A reçu un certificat de bonne conduite. Passé dans la
réserve de l’Armée active le 1er ocotbre 1912. Convoqué le
1er août 1914 au 155ème Régiment d’Infanterie pour ordre d’ap-
pel (télégramme de couverture). Arrivé au corps le 1er août 1914.
Disparu le 29 mai 1916 à Cumières (Meuse). (avis officiel du 2-9-16).
Fait prisonnier le 29 mai 1916. Interné Hop de réserve de Grafenwohr
(avis officiel du 24-7-16). Rapatrié le 5 novembre 1918. Passe au 54ème Régiment
d’Infanterie le 1er mars 1919. Envoyé en congé illimité
de démobilisation (7ème échelon n° 631) le 29 juillet 1919
à Viels Maisons (Aisne) par le 67e RI à Soissons (2) Sergent
le 12 mai 1916

Passé le 1 octobre 1923 à la classe de mobilisation de 1905
comme père de deux enfants (art 58 de la loi du 1er avril 1923)
Affecté au centre mobilisateur d’Infie 21 (Services des gvc)
le 12 janvier 1928 Décédé le 13 novembre 1929 à Viels Maisons
avis de la mairie en date du 21 novembre 192}

Blessures
Blessé le 6 septembre 1914 à Bulainville

Liens